Equipe de France: Govou dégoûté par les ego qui ont conduit au "grand n'importe quoi" de Knysna

source: rmcsport.bfmtv.com

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Près de dix ans après la déroute du Mondial sud-africain, l'aventure de l'équipe de France à Knysna reste un souvenir douloureux pour les amoureux des Bleus. Membre du groupe tricolore lors de cette compétition, Sidney Govou s'est souvenu ce vendredi de la difficulté à évoluer dans cette équipe où régnait une atmosphère pesante.

L'ancienne gloire de l'OL a notamment reconnu qu'il craignait un tel désastre avant même le début de la Coupe du monde en raison des trop nombreuses divergences au sein de l'équipe. Outre la pression constante des journalistes et l'attente des supporters, certains joueurs avaient, selon lui, intérêt à alimenter les problèmes au sein de l'équipe. Après le premier échec lors de l'Euro 2008 et une élimination dès le premier tour, Sidney Govou n'y croyait déjà plus et le manque de cadres dans le vestiaire a précipité la chute des Bleus en 2010.

"C'était quasiment impossible de faire quelque chose de bien au Mondial et on l'a rapidement compris, même si on avait envie d'y croire, même si on avait une bonne équipe... Il y avait trop de divergences avec le coach, avec les médias, a expliqué l'ex-international aux 49 sélections dans une superbe interview sur le site de So Foot, point d'orgue d'une belle série sur le fiasco de Knysna. Et on n'avait pas un groupe capable d'affronter tout ça, même si on jouait tous dans des grands clubs. Ce n'est parce qu'on joue la Ligue des champions tous les quinze jours qu'on est capable de s'en sortir dans une telle situation."

Sidney Govou l'a également assuré, le talent ne manquait malgré les divergences au sein de la sélection. Problème, les joueurs voulaient davantage briller individuellement que se mettre au service de l'équipe. En plus des tensions en interne, Raymond Domenech n'a jamais réussi à faire adhérer ses joueurs à son plan de jeu.

Le problème, il est là: le coach avait donné des consignes, et les mecs ne voulaient pas les respecter. Le plan était pourtant clair, Raymond Domenech savait ce qu'il voulait mettre en place. Mais à un moment donné, Franck (Ribéry) ne voulait pas jouer à droite, mais à gauche, Malouda voulait jouer à gauche, Nico (Anelka) voulait jouer en 10, a encore lâché l'ancien protégé de Jean-Michel Aulas à Lyon. Honnêtement, moi, ça m'a dégoûté parce que c'était du grand n'importe quoi."

Des tensions entre joueurs, zéro organisation tactique ont abouti à un fiasco annoncé. De quoi comprendre pourquoi Didier Deschamps a accordé tant d'importance à la cohésion de son groupe lors de la Coupe du monde 2018.